Boni de Castellane

Ce blog est dédié à la vie et à l'oeuvre de Boni de Castellane, un dandy sous la IIIème République.

07 juin 2004

Bref aperçu de la vie de Boni

Boni de Castellane (1867 - 1932) est, avec Robert de Montesquiou, l'une des figures dominantes de la Belle Epoque. Célèbre dandy "pourri de chic", portant l'un des plus grands noms de l'aristocratie française, il est le roi des élégances, le prince de la mode et du bon goût. Le mariage de cette brillante incarnation du Vieux Monde avec l'Américaine Anna Gould, la fille du roi des chemins de fer, a un retentissement inouï aux Etats-Unis et déclenche en France, pour longtemps, un flot de commentaires. Cette alliance apparaît comme un symbole : la France apporte son blason et l'Amérique sa fortune. Boni, qui a l'art de dépenser, peut enfin réaliser ses rêves. Coup sur coup, il achète le château du Marais, restaure les ruines de Grignan et surtout fait construire le fameux Palais Rose. Au cours de somptueuses réceptions, il réunit le gotha européen, d'Edouard VII à Alphonse XIII. Séjours à Cannes, à Monte-Carlo, Saint-Pétersbourg, croisières le long des côtes baltes et russes, chasses, collections fastueuses, émaillent une existence flamboyante. Simultanément (1898 - 1910), il siège à la Chambre. C'est un député avisé, aux vues originales en matière de politique extérieure. Soudain, la fortune le délaisse, Anna Gould demande le divorce pour épouser le duc de Talleyrand, cousin de Boni. C'est la ruine. Assailli par ses créanciers, Boni, trente-neuf ans, doit apprendre à travailler. Il devient journaliste, puis antiquaire. Mais c'est encore avec élégance qu'il s'adapte à sa nouvelle situation. Boni de Castellane a publié ses souvenirs en 1924-1925 en deux volumes distincts : Comment j'ai découvert l'Amérique et l'Art d'être pauvre.

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Le Palais rose

J.-J. Ceccarini ( ?- ?)
Le Palais Rose, 1969
Photographie
ã BnF, fonds L’Aurore, Paris

Le palais Rose, luxueux bâtiment situé au 50 de l'avenue Foch, fut construit en 1896 par l'architecte Paul-Ernest Samson pour le compte de Boni de Castellane au lendemain de son mariage avec la richissime Américaine Anna Gould. Son architecture de marbre rose rappelait celle du Grand Trianon et son escalier central s'inspirait de l'escalier des Ambassadeurs à Versailles. De somptueuses fêtes qui stupéfièrent tout Paris y furent données au début du siècle. De 1940 à 1944 l'hôtel fut occupé par le général allemand Stulpnagel et en 1949 par la délégation soviétique à la Conférence des Quatre. Menacé de démolition en 1968, alors qu'il était encore la propriété de la famille de Castellane, il fut effectivement détruit l'année suivante pour laisser place à un immeuble d'habitation moderne.

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Photogravure de Boni de Castellane

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Notice familiale

Descendant d’une famille noble de Provence dont on retrouve l’origine à Senez et à Castellane dès le XeBoniface-Louis-André de Castellane-Novejean (1758-1837) était colonel de cavalerie quand il fut élu représentant de la noblesse du bailliage de Châteauneuf-en-Thymerais aux états généraux de 1789. Il y siégea parmi les libéraux mais fut arrêté comme suspect sous la Terreur. Retiré à la campagne, il fut appelé à la préfecture des Basses-Pyrénées, le 23 germinal an X (13 avril 1802). Maître des requêtes au Conseil d’Etat, il quitta son département en 1810. Nommé pair de France le 17 août 1815, il vota la mort du maréchal Ney. Nommé lieutenant général, le 1er mai 1816, il commanda la garde nationale de Toulouse. Boniface-Louis-André de Castellane épousa Adélaïde-Louise-Guyonne de Rohan-Chabot (1761-1805), puis Alexandrine de Rohan-Chabot (1763-1839). siècle,

Né du premier mariage de Boniface, Esprit-Victor-Elisabeth-Boniface, comte de Castellane (1788-1862), s’engagea à seize ans et fit les campagnes d’Espagne (1808), d’Allemagne (1809), de Russie (1812) et de France (1814). Il commanda à la fin de l’Empire le 1er régiment de gardes d’honneur. Colonel de hussards en 1816, maréchal de camp employé au corps d’armée d’occupation en Espagne (1824), inspecteur général de cavalerie (1829), lieutenant général (1833), inspecteur général d’infanterie (1834-1847), il était à Rouen en 1848 et s’opposa à la révolution. Mis à la retraite, il fut rappelé par Louis-Napoléon, qui le nomma commandant en chef de l’armée de Lyon puis sénateur et maréchal de France en 1852 pour l’aide qu’il lui prêta lors du coup d’Etat du 2 décembre. Commandant supérieur du 4e corps d’armée à Lyon (1859), Castellane a laissé un Journal qui fut publié en 1897. Le maréchal de Castellane avait épousé en 1813 Louise-Cordélia-Eucharis Greffulhe (1796-1847), fille de Louis, banquier successivement à Amsterdam, Paris et Londres. Cordélia Greffulhe fut la maîtresse de Châteaubriand et de Molé.

La fille du maréchal, Sophie (1818-1904), épousa Henri, marquis de Contades (1814-1858), attaché d’ambassade, député du Cantal, puis Victor, comte de Beaulaincourt de Marles (1820-1860), attaché militaire près l’ambassade de France en Prusse.

Le fils du maréchal, Henri de Castellane (1814-1847), auditeur au Conseil d’Etat, conseiller général et député du Cantal de 1844 à 1867, épousa en 1839 Pauline de Talleyrand-Périgord (1820-1890), elle-même fille d’Edmond de Talleyrand-Périgord, comte de Périgord et de l’Empire, duc de Dino, duc de Talleyrand, duc de Sagan, lieutenant-général, et de Dorothée Biron, princesse de Courlande, duchesse de Sagan.

Le petit-fils d’Henri de Castellane, Boniface-Marie-Ernest-Paul, dit Boni de Castellane (1867-1932), passa une partie de son enfance au château de Rochecotte (Indre-et-Loire), fit ses études au collège Stanislas et au collège de Juilly, servit au 15e régiment de chasseurs puis mena une vie brillante et mondaine. Député et conseiller général des Basses-Alpes de 1898 à 1910, il avait épousé en 1895 Anna Gould, fille du “ roi ” des chemins de fer américains. Les fastueuses réceptions données par Boni de Castellane, dandy, homme de lettres et ami de Marcel Proust, dans le palais à la façade de marbre rose construit à l’angle de l’avenue du Bois et de l’avenue Malakoff sur le modèle du grand Trianon sont demeurées célèbres, comme celles du château du Marais près de Rambouillet.

Stanislas de Castellane (1875-1959), frère de Boni, épousa en 1901 Nathalie Terry (1877-1962), fille de François Terry et d’Antonia Sanchez.

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